Summa Murinae
Le second exercice avait quelques exigences élémentaires. Partir d’une image idiote et se refermer sur une phrase tout aussi idiote. Foncer droit devant sans se retourner. Et surtout, il fallait faire bref. Deux pages maximum.
Et alors, ma foi, pour cette dernière contrainte c’est complètement loupé.
J’ai dépassé de près de six fois la taille requise.
Sans m’en apercevoir.
Oh, oui, je me disais bien que c’était un peu long et que je devrais raccourcir, mais je ne me rendais vraiment pas compte que les bornes étaient déjà franchies depuis longtemps.
Sinon, je ne vais surtout pas clamer que c’est un texte réussi, mais en tout cas je me suis bien diverti. Et j’avais besoin de changer d’ambiance par rapport à l’exercice précédent.
Maintenant, une chose est sûre, pour l’exercice suivant je ne vais pas me donner de limites, ça vaudra mieux.
Un dernier mot au sujet du titre: je ne suis absolument pas sûr de mon latin!

Summa Murinae
(15-17 septembre 2009)
Je viens d’ouvrir la porte quand mon front se plisse soucieusement. Deux pas en arrière pour regarder dans le couloir et à gauche et à droite, mais les autres salles sont toutes fermées à clé (j’y veille chaque soir en personne) et si c’est une mauvaise farce, on aura eu du mal à se planquer derrière une affiche en attendant de voir la tête que je ferais.
Bref. Ça palpite sur l’écran en lettres énormes et agressives, et de loin ça m’a sauté à la figure. J’en ai tout de suite le poil qui se hérisse.
J’aime pas les tapètes.
On ne peut pas le louper. L’ordinateur est pile face à la porte, entre à gauche les étagères qui ploient sous les publications et à droite celles qui grincent sous les volumes de référence, avec un écran d’une taille forçant le respect. Surtout, c’est d’un jaune pétant sur fond noir.
On ne peut pas le louper et forcément c’est une provocation. Mais je ne vois pas de qui ça pourrait venir. À cette heure-là il n’y a plus que Max et moi à traîner encore dans le coin, lui parce qu’il met au propre les résultats des expériences du jour, moi, eh bien… moi, parce que j’attends Max.
Sinon il n’y a que les rats dans la pièce à côté, en train de digérer la pitance du soir. Des rats frisant la perfection génétique, pour un rongeur s’entend, et aussi clonés que le sont les chanteuses à la mode. J’ai toujours été très fier de mes rats, et surtout très fier d’être considéré comme un doux dingue qui n’en a jamais disséqué un seul. Mais d’abord, je n’en ai jamais eu besoin. Quand on étudie le comportement d’une bande d’amateurs de fromage, on n’a pas forcément besoin de les découper en petits morceaux. À moins d’être cruel.
Je me suis avancé jusqu’à la table. La souris pendouille sur le côté, comme si on avait été dérangé en plein forfait, et je la remonte jusqu’à son tapis en soupirant. Vraiment pas drôle, pensé-je. Puis j’examine le document qui a servi à produire un si bel affichage. Une présentation, avec une seule diapositive. Modèle standard, on ne s’est vraiment pas foulé. Et le truc n’a même pas été enregistré. Très bien, décidé-je, puisqu’on veut jouer au con, je vais m’y mettre aussi. Je créé donc une seconde diapositive et, en caractères rouges d’un gras bien baveux fais apparaître un: «On n’écrit pas tapètes, mais tapettes. Et on peut aussi le dire en face, si on a un peu de cran.»
Pas sûr que ça mènera à quelque chose, mais bon. Pourquoi pas. Je sauvegarde le machin, traîne l’icône du fichier jusqu’au milieu du bureau, pile sur le museau d’Hector, digne rongeur qui, mort de vieillesse quelques semaines plus tôt, s’est vite réincarné en fond d’écran. Puis j’éteins tout, sauf l’ordinateur qui passera la nuit à traiter des données en arrière-plan. Celles d’un jeune blanc-bec qui s’occupe de fourmis et pousse le vice jusqu’à suivre leurs déplacements au millimètre près. Sûr qu’il croit que c’est crucial.
Je me gratte alors le front en réfléchissant un minimum. Pourquoi ce petit connard ne m’aurait-il pas laissé ce délicieux message? Nos rapports entretiennent un climat de guerre froide, et je le verrais bien, bave au lèvres, m’adresser cette subtile vacherie. Mais il n’a pas pointé sa gueule de vermisseau anémié depuis deux jours. S’il était passé, je l’aurais immédiatement remarqué. Il utilise des parfums tellement puissants que même un putois se boucherait le nez. Donc, hypothèse improbable.
Et pourquoi est-ce que ça ne pourrait pas être une blague de Max? Parce que ce n’est pas son genre? Entre autres. En outre ça fait deux mois qu’on ne s’est même pas invectivés (on le fait toujours pour des broutilles, comme qui dirait pour être sûrs qu’on sait encore pousser une gueulante). Et s’il a quelque chose à dire, il le dit toujours, plus directement que ça il n’y a pas. Bah, ça ne vaut pas la peine de se triturer les neurones pour si peu. Je trouverai bien le coupable, forcément un pauvre crétin inconsistant. Et je referme la porte à clé, bien décidé à arracher Max à ses cahiers pour le ramener à la maison avant que le vigile nous croise et imagine que nous aurions l’idée de nous envoyer en l’air dans un coin d’amphi.
Ah, oui, fais-je tout bas. Le vigile. Pourquoi pas lui? Ma foi, pour une raison toute simple. Il est au bord de la retraite et montre une aversion totale pour l’informatique. Il regarde même avec une vertueuse suspicion tout ce qui est pourvu d’un clavier. Ça confine à l’absurde: quand il le peut, il demande à n’importe qui d’enclencher le système d’alarme à sa place. La plupart du temps, Max ou moi, qui traînons toujours ici à des heures indécentes. Et j’ai toujours eu l’impression qu’il nous aime bien. En tout cas il est d’évidence moins homophobe que technophobe. Mais je peux me faire des idées.
Haussant les épaules, je gravis les quatre étages menant à son bureau. «Oh! Daniel!» fait-il avec l’air surpris habituel. «Je n’avais pas vu passer le temps.». À formule rituelle, réponse rituelle. «Mon estomac, oui. On peut rentrer?» Et je suis sur le point d’aborder le sujet de la mystérieuse et informatique inscription, mais juge que ça n’en vaudrait pas la peine. Il range ses crayons dans l’ordre (taille et couleur) avant de m’adresser un de ses ravissants regards. «On peut rentrer, oui.» Puis de se battre pour enfiler sa veste et d’ajouter: «Tout à l’heure, j’ai chopé deux de tes locataires près de la machine à café. Tu devrais vérifier la fermeture des cages. Et faire gaffe quand tu sors» Même pas sur un ton de reproche. Je hoche la tête. La nourriture de mes protégés contient de quoi les rendre un peu moins cons –c’est l’expérience du moment, voir ce que leur cervelle est capable de faire, si on lui donne un coup de pouce. Si ça se trouve ils savent déjà comment manipuler les serrures. D’ailleurs même pour un rat d’intellect moyen ce ne serait pas sorcier. Je promets que je ferai attention, mais mon ton est si peu convaincu qu’il grimace. Je dois promettre avec plus de fermeté pour qu’il accepte de se mettre en route.
Lorsque le matin suivant je reviens en bâillant dans mon antre, bien décidé à ne plus remettre à plus tard l’archivage des publications dont tout le monde se fiche et à refourguer à la bibliothèque les ouvrages dont on ne se sert plus depuis des années, j’ai les yeux qui sautent direct de leurs orbites.
On se souviendra qu’il faut écrire tapettes. Merci, cher petit pédé.
La clé du bureau était dans le coffre, le coffre est doté d’une combinaison que nous ne sommes que quatre à connaître, à savoir Max parce que c’est comme ça, Blanc-bec, la secrétaire et moi. Blanc-bec a laissé un message sur le répondeur, il est au fond du lit avec une gastro, il me demande de surveiller ses élevages myrmécologiques. État de santé à vérifier, mais je ne veux pas croire que ce soit un coup tordu. Quant à Nicole, elle ne pense en général qu’à deux choses: se faire les ongles et détailler par le menu les milliers de raisons qui devraient l’inciter à demander le divorce (ce qu’elle ne fera jamais, j’en suis persuadé). Le reste elle s’en fiche. Enfin, je ne crois pas avoir été atteint d’une crise de somnambulisme qui m’aurait amené à faire trois kilomètres pour venir rajouter ça.
Alors il doit y avoir quelqu’un d’autre qui primo aura déniché la combinaison du coffre, secundo aura une dent contre moi, tertio sera assez fourbe pour se contenter de jouer les corbeaux. Si je fais la liste des hypocrites qui me tapent sur l’épaule toutes dents dehors avant d’aller débiter des vacheries sur mon compte, ça fait quelques noms, mais je les connais. Ils sont de l’espèce commune qui jalousera toujours vos conditions de travail, les crédits qui vous sont alloués, voire vos résultats. Je pourrai toujours sonder de ce côté si nécessaire, mais ils ont plutôt pour habitude d’utiliser les bavardages de cantine ou les réunions auxquelles vous ne participez pas, lorsqu’il s’agit de casser du sucre sur votre dos.
Rechercher qui a une orthographe défectueuse. L’idée m’a traversé d’un seul coup. Je viens de rajouter une quatrième diapositive à enffoiré.ppt (parce que le nom du fichier a changé durant la nuit) quand elle me saute sur le paletot. Bien. Mais ça risque de faire encore plus de monde. Les stagiaires, étudiants, doctorants, assistants, professeurs, souvent ça ne sait pas écrire si bien que ça. Même le directeur du labo, qui introduit dans ses courriers du cordialemant ou du je sousigné. Et proteste quand Nicole corrige.
Je grogne un coup et vais m’occuper de mes bestioles. Et là, oui, en effet, il faut bien croire qu’ils ont appris à jouer avec une tirette, parce qu’ils sont cinq à déambuler joyeusement hors de leur cage. Ou alors on leur a ouvert la porte. Il y en a deux qui se papouillent sur le rebord de la fenêtre, les trois autres ont réussi à escalader des étagères vides et d’en haut me regardent fixement avec des airs retors. Ou ce qui en tien lieu.
«La récré est finie, les enfants. Vous allez me faire le plaisir de rester bien tranquilles et je vous flanque dans vos tas de sciure. C’est compris?»
Tu parles. Aussitôt c’est la course dans toute la pièce, comme s’ils n’attendaient que ça. Il n’y a pas d’endroit pour se cacher, mais un rat ça cavale assez vite pour que vous n’arriviez pas à le choper à mains nues (certes munies de gants épais et solides). Heureusement je dispose d’un balai et d’une épuisette modifiée qui n’avait encore servi qu’une fois, lorsqu’une cage était tombée et que la porte s’en était détachée, pour le plus grand plaisir de ses occupants alors en surnombre.
Il me faut lutter pendant un bon quart d’heure avant d’avoir capturé tout le monde. Il y en a deux qui ont réussi à se débarrasser de la pastille d’identification qu’ils portent sur le dos et je suis obligé de les mettre à part. C’est important de savoir qui est Robert et qui est Nicolas, parce qu’on les suit individuellement. Je vais avoir besoin de déterminer lequel est lequel et ce ne sera pas facile. Les distinguer est quasiment impossible. Sauf par le caractère. Celui qui s’énerve le plus souvent c’est Robert. C’est aussi le plus vorace. Nous avons au moins deux points commun. Enfin bref, j’ai juste à attendre et à observer les deux compères. Ils finiront bien par se trahir.
Comme mon corbeau. Tout est affaire de patience. Et j’en ai malgré tout à revendre, sinon je ne ferais pas ce boulot qui demande de perdre beaucoup de temps avant d’obtenir la première ombre de résultat.
Une journée qui commence mal est souvent une journée qui restera pourrie et celle-ci fait tomber les emmerdements comme s’ils s’étaient accumulés dans un placard dont j’aurais ouvert un peu trop brutalement la porte. Le traitement des données de blanc-bec s’est interrompu aux deux-tiers et il va falloir reprendre la procédure à zéro. Pénible. Dans le labyrinthe à huit étages qu’on surnomme entre nous le HLM, trois caméras sont mortes. D’ailleurs les enregistrements de la semaine précédente sont fichus. La climatisation hésite entre me faire cuire ou me congeler. J’ai un mal de crâne carabiné et pas une seule aspirine en vue. Trois notes de service viennent assurer que les crédits vont beaucoup augmenter, diminuer drastiquement, ou rester stables. Choisissez la version que vous préférerez. Et personne, naturellement, pour savoir ce qu’il en est effectivement. Lorsque j’arrive à la cantine c’est menu atroce ou menu immonde, y aura pas mieux, et finalement je manque de faire tomber le plateau en m’accrochant à un porte-manteaux qui traîne. Comme je dois tirer une tronche qui en dit long, Max ne décroche pas un mot durant le déjeuner et ça me fout en rogne.
«Hummm… Évite le café», me conseille-t-il quand même avant de remonter. Je le prends presque mal et, haussant pathétiquement les épaules, file m’octroyer un cappuccino qui, achevant de me combler de bonheur, contient tellement de flotte et de sucre que je me demande ce qu’a bien pu foutre le réparateur, la veille.
Et puis je retourne peaufiner les plans de HLM2. Un truc qui remplacera les cages, dans lequel vivront mes saletés de bestioles, suffisamment entassées au départ dans les étages inférieurs pour que le comportement social en soit altéré, avant qu’elles aient compris qu’il y a des trucs et astuces pour ouvrir les trappes donnant accès aux niveaux supérieurs qui seront, pour un rongeur, de plus en plus confortables sinon paradisiaques.
Alors, envie de gerber?
Cette fois les bras m’en tombent. J’avais embarqué la clé au cas où. Personne n’aurait pu pénétrer dans le bureau, vraiment personne. Sauf si on a le passe spécial. Et il n’y a que le vigile pour en posséder un, mais il ne débarque pas avant vingt heures. Il y a un truc, il y a un truc, il y a un truc, répété-je à l’envi en grinçant des dents. Et alors je décide de laisser tomber, et monte me calmer les nerfs en étudiant avec Nicole les diverses propositions de fournisseurs malhonnêtes prêts à nous vendre des tuyaux de plexiglas au prix le plus fort comme si c’était du cristal de roche.
«On devrait chercher ce genre de matériel en faisant le tour des zoos en faillite», finit-elle par conclure lorsque il est l’heure pour elle d’aller ramasser sa marmaille. Je grogne un peu mais elle a raison. Ce serait peut-être la meilleure idée. Avant de partir elle me tapote la joue. «Demain ça ira mieux. Il y a des jours comme ça.» Puis de se mordiller la lèvre, comme si elle allait ajouter que malheureusement, avec son époux, les jours comme ça c’est tous les jours. Je me contente de soupirer. En insistant un peu, je vais pouvoir arracher Max à ses études comparatives de colonies de corneilles, et l’attirer dans un cinoche sombre où on regardera n’importe quel navet capable de me dérider.
Redescendant d’un pas plus allègre que désiré à cette seule perspective, je pense que j’ai encore une chose à faire, donner de quoi se faire les incisives à mes petits monstres, avec la bonne dose de stimulant cérébral. Je l’augmente régulièrement depuis un mois et d’ici la fin de la semaine elle sera au maximum. Je devrais avoir plein de petits Einstein à moustaches quand HLM2 aura été construit. Avec ou sans tubes de plexiglas destinés à épier leurs promenades.
Je ne m’arrête pas en passant devant le bureau de Max que j’entends fredonner. Pour lui ça marche du tonnerre, il est tombé sur une sous-espèce de ses plus chers corvidés qui aurait, et on juge que l’hypothèse n’est pas forcément idiote, adopté un système de «castes démocratiques». C’est lui qui le dit et je ne vais pas le contredire. Parfois je pense qu’il aurait dû choisir un sujet plus grandiose, mais peut-être bien qu’alors il ne serait plus dans les parages et ça m’aurait quand même embêté qu’on soit séparés pour des raisons bassement scientifiques. Je soupçonne Max d’être l’homme de ma vie, ni plus ni moins. Et franchement je suis quand même bien tombé.
Lorsque j’arrive devant mon antre, je marche à pas de loup. Ne demandez pas pourquoi. Un doigt de méfiance ou de prudence, je ne sais pas. En tout cas je n’ai pas eu tort. À l’intérieur ça bouge. J’ai entendu bouger. La seule connerie que j’ai faite c’était de ne pas fermer à clé, mais j’étais pressé de me sauver, en conséquence de quoi on a pénétré dans mon espace et on est sans doute en train de me préparer des saloperies. L’avantage, c’est que je vais savoir qui c’est tout de suite, parce que si la porte a quelques défauts dont celui d’être bien lourde, on peut l’ouvrir sans même en tirer un soupir.
Et alors, bon, voilà, je me masse les paumes en hésitant un peu, mais il va bien falloir faire la lumière sur cette histoire et avec une telle occasion ce serait bête d’attendre dans le couloir que l’individu nocif qui a choisi de me pourrir l’existence ressorte, la gueule enfarinée. Un bon effet de surprise ça ne peut pas faire de mal. Je jubile presque intérieurement en imaginant la tête du gusse.
J’y vais délicatement, lentement, j’entrouvre et alors je me rends immédiatement compte que je peux oublier HLM1, HLM2 et tout le reste. Manifestement j’ai réussi au-delà de toutes mes espérances à foutre ma carrière en l’air. Parce que ce qui me fait écarquiller les yeux et s’arrondir ma bouche en une exclamation muette et stupide, personne ne pourra l’accepter.
Ils sont douze, cette fois. L’équipe presque au complet. Il ne manque que David qui est un gros paresseux, Vincent qui a peur de son ombre, et Patrick qui préfère passer son temps à se grattouiller. En tout cas, celui que j’avais toujours suspecté d’être un meneur dès qu’il y avait une connerie à faire comme maltraiter collectivement plus faible que soi, que j’avais baptisé Gaspard pour des raisons assez lumineuses, est assis devant le clavier et regarde les autres faire, en agitant ses petites pattes comme s’il donnait des ordres.
Il y a ceux qui ont réussi à bouffer un rouleau de câbles pour le réseau vidéo. Il y a ceux qui sont en train de réduire en charpie les publications, en laissant soigneusement de côté les ouvrages de référence qui doivent être un peu trop indigestes. Et il y a les deux sur le clavier, surveillés par Gaspard, qui sautillent avec élégance en rédigeant La somme des imbécilités produites dans ce bureau est inversement proportionnelle au quotient intellectuelle de leur producteur.
Bon Dieu, comment ont-ils fait pour apprendre à écrire? Sur le moment, le souffle me manque et sans le vouloir j’inspire un grand coup, vraiment pas discret.
Trois rongeurs immaculés se retournent aussitôt. Gaspard secoue la tête et se lisse les moustaches avant de bâiller. Puis un de ses acolytes effectue quelques brefs mouvements en clignant des yeux à mon endroit. Je me flanquerais volontiers des baffes pour me sortir ce ce rêve, parce que c’est est un, il n’y a pas de doute.
Oh, merde, a-t-il écrit.
Et le dernier de frétiller des moustaches deux secondes avant de sautiller sur les touches pour préciser:
On est fait comme des



