Rien, ou presque…
Après Antò, c’est au recueil Presque Rien que revient le droit d’avoir sa page à lui tout seul, histoire que les bonnes âmes puissent télécharger le pdf sans se soucier d’Alexandrie Online (que je ne renie pas, mais comme je suis définitivement fâché avec Paypal, c’est sans issue). Quelques coquilles et oublis de mise en forme seront au rendez-vous: lorsque le courage me reviendra je fournirai une version nettoyée, mais pour le moment j’ai juste envie de piquer un long roupillon. Je serais presque content des quelques minutes consacrées à l’élaboration de l’image de couverture (ainsi que de son pendant au verso) dont la source figure ici à gauche, et à la remise en page hâtive. (Faut quand même reconnaître qu’élaborer un modèle est parfois pratique).
A raison d’un volume hebdomadaire, du côté de la mise à disposition de mes zékrits je ne risque pas le surmenage. Je pense que la prochaine fournée sera poétique, afin de me souvenir que jadis je me targuais de versifier avec une digne régularité. Me taper la correction des deux romans ne m’enchante pas. Même pour ôter les coquilles il faudra les lire, et si le second est supportable, je n’en dirai pas autant du premier qui me flanque de l’urticaire à sa simple évocation. Ça ira sans doute mieux avec la première novella, Bazar des Anges, sur laquelle il ne doit plus rester grand chose à reprendre à moins que je n’en aie tout simplement plus envie du tout. Et enfin, pourquoi ferais-je passer la poésie en dernier? Il n’y a pas de raison.
Côté lectures maintenant… Abandonnant Andreas Eschbach, j’ai donc entamé le recueil de Nathalie Salvi précédemment évoqué. Pour rajouter à mon bonheur, j’ai trouvé le coin où lire à peu près tranquillement, sous des marroniers du parc de Sceaux dont je délaisse les grands bassins et les nobles jets d’eau pour préférer un banc à l’écart, abrité du soleil et des pique-niqueurs. J’oublie presque être dans un de ces jardins à la française dont l’ordonnancement rigoureux me répugne.
Je l’oublie d’autant mieux que, ma foi, c’est du si bon recueil que j’aurais du mal à m’en décrocher. Eviter de s’y plonger dans les transports en commun, ou alors pour manquer l’arrêt. Mais je n’y songe même pas. C’est pas le genre d’ouvrage compatible avec les cahots d’un wagon à bestiaux bondé ou d’un autobus. Certainement pas. Et qu’on ne vienne pas me chanter que justement une nouvelle c’est pratique pour les trajets quotidiens, en raison de la brièveté de la chose. Certaines peut-être mais j’en doute. Une nouvelle ça se déguste, ça ne se dévore pas. Et d’une nouvelle de Nathalie Salvi on se régale. Point de hâte, ce serait rendre vaine la lecture. Ainsi, le prochain ouvrage sur la liste, Les Arpenteurs du Monde de Daniel Kehlmann, attendra un peu. C’est que je vais bien faire traîner mon plaisir encore une semaine, au bas mot…
Côté scribouillages du moment, pour finir. Entre deux séances de remise en forme des ouvrages et de lecture, j’ai repris timidement cette foutue nouvelle qui me glisse encore un peu entre les doigts comme une anguille. Si je m’en tiens au format «officiel», je dispose de vingt pages, chacune contenant les 1500 caractères requis. C’est donc plus que j’en avais l’impression. Cinq sont de trop mais pour un premier jet je peux les garder. Et puis même, comme je sens les choses, il y en a bien la moitié qui sauteront. A cause de l’orientation du texte qui devient moins SF et plus… je ne sais pas encore trop quoi. Quelque chose en tout cas. Bon. Pages supprimées, passages déplacés, réorganisation, remise en cause, doutes et atermoiements seront au programme. Mais au moins je sais que j’ai enfin fait deux pas dans la bonne direction.
Deux tout petits pas, faudrait-il préciser, et bien maladroits, comme si j’avais chaussé des escarpins à talons aiguilles (dans la vraie vie, je n’y songerais jamais: outre que la tentation ne m’en a jamais effleuré, en drag-queen j’aurais vraiment l’air d’un con). Mais même si la progression est digne d’un gastéropode en pleine digestion, je me réjouis enfin d’avoir fait deux centimètres en direction d’un bas de page. De petits riens vous offrent parfois quelque satisfaction opportune. Je m’octroie donc, en cet instant, un soupir de délicat soulagement. Nom d’une pipe, c’est qu’une phrase de gagné, c’est quand même une phrase de gagné!




En guise de post-scriptum:
L’apparition des pdf se fait plus rapide que prévu. Ce qui revient à dire que
a- l’estimation d’une parution par semaine était pessimiste;
b- je ne crée guère pendant que je m’occupe de mes vieilleries.
Va falloir se secouer un peu, non mais sans blague!