Prélude et fugue (pour violon seul?)
Mon Dieu, je n’ai plus qu’une semaine pour pondre une petite nouvelle prompte à ravir le sévère comité de lecture d’une revue. Une semaine et pas un jour de plus, même si la date de remise est légèrement plus éloignée. C’est que, techniquement parlant, et pour des raisons de déplacement extra territorial, je ne serai de toute manière pas en mesure de laisser courir mon inspiration jusqu’à l’échéance fatale. Aussi est-ce avec une légère angoisse que je me précipite dès que possible sur le clavier pour obtenir le chef-d’œuvre escompté. Impossible de louper le coche, je ne me le pardonnerais pas.
Respirer calmement. Combien de signes ai-je déjà, eu égard au fait que je me suis permis de recycler un morceau de novella mort-née? Trop. Il va falloir jouer du sécateur. Ainsi le texte sera-t-il aussi raccourci que ma chevelure qui en a pris un sacré coup il y a quelques jours. Mais est-ce urgent? Pas trop. Déjà, foncer tête baissée jusqu’au point final du premier jet, ensuite je pourrai choisir un titre charmant et charmeur (parce que ED090615 – 10-30000, ça ne peut qu’être du provisoire, d’autant que c’est juste une sorte d’indication technique, si je puis dire), et je m’efforcerai de bien dégager tout ça derrière les oreilles, en faisant attention quand même.
Respirer calmement (bis). Faire craquer les articulations des phalanges, cliquer juste là dessous* pour se mettre dans une ambiance créative, rêver un peu (quelle merveille, ce court-métrage!), et partir à l’assaut de la fiction.
World Builder de Bruce Branit sur Vimeo.
Voilà. Maintenant que je me suis apaisé les méninges, que j’ai fait le vide avant le grand saut, je peux me précipiter sur le brouillon dont certaines pages demeureront donc plus encombrées que le périphérique au petit matin / qu’un train de banlieue aux heures de pointe / que la salle d’attente de n’importe quelle administration à n’importe quel moment. Je commence par survoler ce qui existe déjà, mode résumé des épisodes précédents, je me remémore les deux lignes de résumé du truc (concis comme c’est de toute façon je pourrais difficilement oublier), et je regarde dehors. La vache, c’est qu’il fait beau, je serais mieux vautré quelque part à faire bronzette, non? Non! L’appel de la muse est impérieux,comminatoire, et pas complaisant pour deux sous. Quand j’aurai rempli le quota journalier (une page: c’est léger, certes, mais c’est qualité ou quantité et dans certains cas le choix est vite fait) je serai autorisé à me distraire, mais pas avant. C’est bien compris? Eh! Oui, oui… d’accord, pigé.
S’agirait enfin peut-être (n’est-ce pas?) de me mettre au boulot. C’est bien joli de rêver d’un Prélude et Fugue pour violon seul, il s’agira d’abord de jouer une toccata pour azerty. Presque improvisée, mais pas trop: l’idée de la nouvelle était contenue dans la novella avortée, le matériau de départ en est issu, et la destination est en ligne de mire. Pas de plan (cette fois, pas besoin), mais le besoin quotidien de se donner un peu d’élan avant l’écriture. Une manière d’échauffement, pouvant donner lieu à petit billet de blog tel que celui-ci (bien que le ton de la nouvelle soit tout différent). Et pendant que je commettrai ma pincée de paragraphes, un peu de musique en fond. Ça ne fait jamais de mal. Pas encore choisi de quel genre pour aujourd’hui, mais le choix est vaste. Je crains que ça finisse finlandais (Kalevi Aho: symphonie N°2 ou N°6; Aulis Sallinen: symphonie N°3 ou N°5, avec pour gourmandise le concerto pour violon; Einar Englund: symphonie N°4 « nostalgique »; Jean Sibelius l’inévitable: symphonie N°4, ou N°6, ou N°7) parce que bon, il semblerait que je sois volontiers d’humeur à fréquenter ces compositeurs-là. D’ailleurs la musique est une composante pas très négligeable de l’écriture. Mais je ne vais pas m’étendre sur le sujet maintenant, une autre fois peut-être (et d’abord vérifier que je ne l’ai pas déjà fait il y a quelques mois). Comme pour mes commentaires sur les dernières lectures, qui attendront. C’est que je suis plutôt à la bourre, ce qui expliquera aussi que je vis vous planter là inopinément sans prévenir.
Et toc.
* En fait, lors de la séance d’écriture je ne pourrai pas cliquer faute d’accès internet, mais j’imagine juste que j’aimerais le faire. Le truc sera, mais je ne sais pas encore comment, de télécharger le fichier qui est un tantinet lourd, car chez Vimeo on ne fait pas les choses à moitié.


