T’avances, eh patate?!!
Pour Antò, la fin n’était pas au top, comme qu’on dit.
Je l’ai liquidée sournoisement, et me suis collé à la réécriture totale du chapitre V. J’avais la chance d’avoir la possibilité de m’en sortir, puisque la conclusion du chapitre IV laissait la porte complètement ouverte. Me voici donc dans la fin version 3.0. La première était nulle et n’a jamais fait l’objet d’aucune esquisse d’ébauche, donc on n’en parlera pas. La seconde était débile, un peu moins d’accord mais débile, et je m’y accrochais seulement parce que je pensais qu’au moins je serais vite débarrassé du premier jet. Funeste erreur, la précipitation souhaitée dans l’achèvement m’emportait vers des récifs acérés, et comme j’estimais déjà qu’une bonne part du texte n’est pas si bien inspirée que ça, il valait mieux tenter de sauver quelque chose. Ça m’apprendra à jouer avec des genres que je n’ai jamais fréquenté. La troisième est au mieux potable, au pire légèrement ridicule, mais la situation est malgré tout moins tragique. Ce qui serait effroyable, ce serait de me dire dans quelques jours que là aussi c’est un plantage en beauté. La perspective d’une fin version 4.0 [1] me hérisse particulièrement.
La conséquence de cette réécriture est un retard manifeste, et je ne me promettrai même plus d’avoir terminé à une date précise. Je voudrais bien viser la fin du mois pour me donner le temps de m’engueuler après chaque page («abruti! C’est pas encore ça. Tu vois la poubelle? Ben ta feuille elle ferait mieux d’y aller direct!!!») en trépignant méchamment. Là, je dis que ça devrait être jouable. Si je me donne encore vingt jours j’aurai largement le temps d’apprendre à raturer avec soin. Et peut-être que j’aurai alors fini.
Pourtant, hein! c’est pas la mort, il faut encore 6000 signes (depuis que j’en ai dépassé les 90000, j’ai étendu le plancher à 100000, pour me décourager un peu), et en plus j’ai un petit peu d’inspiration (mais c’est usant d’avoir plusieurs idées qui se tirent dans les pattes, entre celles qui brandissent la pancarte «Happy End!» et celles qui tendent la banderole «Vive le Tragique» c’est castagne à n’en plus finir, et moi j’aimerais bien bosser au calme).
Alors?
Alors disons que je vais cesser de déblatérer ici, et me remettre au travail.
Mais, oh! Pas si vite!
J’avais d’autres remarques à faire.
La semaine dernière, j’étais à Nogent-sur-Oise pour mon premier festival de l’imaginaire. Le soir, il y avait l’anniversaire de L’Olibrius Céleste qui soufflait sa première bougie. Moi qui ai du mal à m’extraire de mon univers familier et suis facilement intimidable (si, si), j’ai été ravi au point que j’envisage même vigoureusement d’aller traîner aux Imaginales (Epinal, fin mai).
J’aurais du mal à saluer ici un par un tous ceux que j’ai croisés, ça ferait couillon, mais je ferai une exception pour Ness (forcément), François Martini (j’en dévore le roman Le Temps…), Merlin (Encre dansante dont je reparlerai forcément au moment opportun, un gobelet d’hydromel dans la main), Raphael Guerin (éditions L’Olibrius Céleste), Laure Eslère (auteur de la maison ci-devant mentionnée) Alexis Flamand (j’attends de pied ferme la publication de son roman dans la même maison), Kheops qui ne m’a pas donné envie de devenir boucher [2], et puis… et puis…
Parfois, il fait bon se retrouver au milieu de personnes qui partagent certains centres d’intérêt.
Consécutivement à cette journée bien remplie (qui a laissé des traces photographiques sur lesquelles j’ai un air particulièrement stupide, ce qui ne me surprend pas), je me suis laissé aller à quelques réflexions.
Lesquelles se résument en peu de mots: je suis, indéfectiblement, un scribouillard [3] de fantastique et de science-fiction. Côté romans ou novellas c’est évident. Côté nouvelles, je pensais que ce l’était moins. Mais voyons: dans le recueil Presque Rien, il y en a quatre (dont deux de bonne taille) qui relèvent complètement du fantastique. Ce qui fait tout de même une proportion assez conséquente. A quoi bon m’accrocher au rêve fugace [4] d’écrire jamais quelque roman d’un genre tout ce qu’il y plus sérieux, avec un sujet digne voire noble, du moins bien ancré dans les préoccupations éditoriales germanopratines? Ce serait une perte de temps, et de toute façon ça m’amuserait bien moins. Voilà qui m’amène à la conclusion définitive que je n’ai pas à me forcer: science-fiction et fantastique sont mes chapelles, je n’irai point au temple où l’on vénère la Littérature majuscule. Et nul ne s’en portera plus mal, à commencer par moi. Ce qui est tout de même essentiel. Et le reste, ben, on s’en…
[1] Le x.0 indique que je ne me suis même pas fendu de la moindre correction après brouillon.
[2] Ceci après lecture publique d’une de ses nouvelles lors de la soirée…
[3] Si on veut je peux utiliser le terme auteur, mais il y a là-dedans quelque chose d’orgueilleux que je n’aime que moyennement.
[4] Plutôt cauchemar: ça me ferait bien suer, je crois.



Suggestion absurde pour régler le dilemme happy end/suicidaire: tuer les personnages principaux, mais marier tous personnages secondaires mal aimés, leur promettre une existence heureuse avec beaucoup d’enfants…
Peu importe; courage courage, dites-vous qu’être insatisfait ne peut être qu’un bon signe. Vaut mieux ça que se contenter de médiocre!