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Dans la dernière ligne droite (en zigzagant)

On y est presque. L’objectif des 90000 signes étant atteint à 95%, et la troisième “partie” achevée (chapitre serait-il mieux? pas sûr), les efforts à fournir pour rédiger la conclusion d’Antò devraient être légers. Surtout que, bonheur suprême, à force de tout mouliner matin, midi et soir, j’ai une vision désormais très claire de la fin, où une idée qui patientait sur le bas-côté va enfin prendre place (j’y pense naturellement bien plus en dehors des heures de travail, même s’il m’arrive alors d’avoir quelques petites réflexions qui viennent en catimini, sournoises, me faire de petits signes). Enfin, les calculs sont formels, je devrais avoir d’ici sept jours posé le point final à la version “zéro” (ou “moins un”?), du moins -seule incertitude- si j’ai matériellement le temps de m’atteler à la chose.

La suite se jouera à pile ou face. Lorsque j’aurai effectué le premier nettoyage (bien que je passe le balai régulièrement, à chaque séance d’écriture), il s’agira de trouver du béta-lecteur assez aimable pour m’envoyer dans le coin de la figure tout le mal qu’il pensera de certains passages. Evidemment, si c’est pour m’affirmer que tout l’ensemble ne vaut pas un baîllement, ça me désolerait beaucoup, mais je ferais avec. Si, ça pourrait arriver. Primo parce qu’on ne peut pas plaire à tout le monde, secundo parce que j’ai encore jonglé avec un genre que je ne maîtrise pas du tout et auquel je ne connais rien (alors si mon histoire a un gros air de déjà-vu, ce ne serait pas étonnant). Donc, pour dénicher quelques primo-lecteurs compatissants ou sadiques (en général, les seconds sont préférables), j’ai deux ou trois solutions. Une pièce de monnaie (dont la valeur sera représentative de mon appréciation préalable sur ma prose) pourrait être utilisée afin de choisir, à moins que je fasse feu de tout bois. Même si, à l’évdence, une des possibilités risque d’être improductive.

Ceci fait, je me refuserai de toucher le texte durant un minimum de deux semaines, nécéssaire période de décantation avant d’attaquer l’arrachage des cheveux lors de la première phase des “grosses” corrections. Lesquelles pourront attendre encore plus longtemps, parce que ce n’est pas la peine de les bousculer, et je pourrais décider que certaines autres corrections en retard (et même vachement, pour être honnête) méritent que je m’y attarde en priorité. Exemple : Vous Autres qui a besoin d’un nouvel examen, et pire, L’Etoile des Chiens qui me pose de plus en plus de problèmes. Sans parler de Bazar des Anges qui trépigne d’impatience. N’imaginez pas que ce soit de franche gaieté de coeur que j’envisage de me replonger dans tout ça, mais il faudra bien si je veux en faire “quelque chose” qui ne dégoûte pas d’emblée quelque éditeur (car j’envisage d’en emmerder quelques uns avec ça, même si j’imagine que ce sera une perte de temps).

A moins que j’éprouve l’irrésistible besoin de glander sauvagement (ce qui m’arrive souvent, car je suis un gros paresseux [1]) et de me laisser le temps de regarder ce qui se passe dans les alentours. Dans ce cas, le manuscrit restera dans un coin le temps que je retrouve le courage de m’y atteler.

 

Bon. A part ça. L’action se déroulant en un temps restreint, j’ai découpé Antò en “parties” qui correspondent à des journées. Seule la quatrième ne suit pas cette règle, pour des raisons parfaitement légitimes toutefois. Le défaut de la chose va devenir criant après les lignes ci-dessous:

I = 8 pages.

II = 38 pages.

III = 18 pages.

IV (en cours) = 8-10 pages.

Oui, les chapitres sont complètement disproportionnés, ce qui me donnerait envie de les faire sauter, nonobstant que la numérotation est parfaitement légitime en ce qu’elle marque les articulations majeures, et que si je m’en passe ça donne un truc bizarre. Mais voyons, une symphonie est composée de mouvements dont les durées peuvent être très différentes, alors pourquoi ça devrait m’embêter tant que ça? Oui, bon, d’accord, un bouquin c’est un peu pas la même chose [2].

Autres considérations. Le genèse d’Antò, l’histoire de comment m’est venue l’idée initiale et autres détails pas forcément croustillants, je réserve ça pour le moment de la mise en ligne de la toute chaude version “zéro” (tout bien réfléchi, il y a un endroit particulièrement adéquat, et même prévu pour, il faut que j’y réfléchisse, ce serait pas mal, et puis j’ai déjà pratiqué). En vue d’illustrer le billet spécialement consacré à ce sujet léger, je pourrais même numériser une page de mon cahier de brouillons en vue d’illustrer mon propos de la moins esthétique des façons (j’ai une écriture de petit cochon, sachez-le). Mon oeuvre immortelle (sic [3]) sera ainsi éclairée, de même que ma façon de dénicher des histoires, et de les maltraiter durant des jours.

Pour le moment, j’ai encore quelque chose comme 5000 signes à pondre avant de lancer le soupir prodigieux qui accompagne généralement l’ultime point posé aux premiers jets des textes longs (pour une nouvelle, je m’étonne plutôt que ce soit déjà fini). Même si je tiens à estimer que ce n’est pas grand chose, je ne devrai pas oublier que, comme les débuts, les fins sont essentielles et doivent être traitées avec déférence. Si je me plante juste à ce moment, ce serait vraiment un drame (et encore plus si je me rends compte que tout ce qui précède est encore plus moyen que je le croyais).

Bien: comme il ne faut pas perdre de temps, je vais vérifier l’état de mon porte-mine, le niveau d’encre du stylo-bille, caresser mes feuillets et choyer la gomme. S’ils me sont tous favorables, j’en aurai fini assez vite pour me congratuler avec la plus grande chaleur, et à l’orée de février un joli tapuscrit pourra être mis sous les yeux de tous. Lequel aura la couverture suivante (version sept, les couvertures sont mon vice secret):

anto-couverture-reduite.jpg

Si c’est pas mignon…

 

 

 

[1] Noter que la paresse exige souvent des efforts considérables pour libérer du temps où on ne fera rien, ce qui donne l’impression qu’on est acharné à la tâche -alors que c’est le contraire.

[2] J’écris pas français si je veux, c’est mon blog, et puis si ça me détend de clavioter comme je le sens, pour une fois, ne venez pas me le reprocher, hein!

[3] Un volumineux “sic” sera préférable.


1 Réponse vers “Dans la dernière ligne droite (en zigzagant)”


  1. 1 Z. Mardi 29 janvier 2008 à 2:56

    “Oui, bon, d’accord, un bouquin c’est un peu pas la même chose ” J’aime bien cette petite acrobatie discrète du “pas” pour rendre la phrase moins coupable… La note de bas de page n’était pas trop nécessaire, je crois que les grands chevaliers de la langue de Molière peuvent passer outre un petit “pas français” comme ça (on en voit des pires de nos jours!). La couverture est très mignonne en effet, elle donne le goût de lire ce qui suivra… courage!

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