Pièce déliquescente V
Un soupir, une ombre passe, tourne et disparaît, un soupir et voilà l’averse. Le soir s’annonce : la lumière s’écoule dans les caniveaux avec une musique étrange. Les rues subitement se sont vidées, les pas s’y égarent laissant derrière eux des échos qui s’éteignent aussitôt, s’y égarent lentement dans la pesanteur du crépuscule. Puis d’un coup immobile écoutant le vide. Repartant pour s’arrêter de nouveau quelques mètres plus loin, pensif. Rouge vif une pancarte flamboie derrière une vitrine : Tout doit disparaître. Oui. Même nous. Surtout nous.

