L’après-midi aux torpeurs glaciales. Fièvre diffuse dans la blancheur étale. Il fait froid ou chaud c’est selon et des bribes de poèmes traînent insaisissables pourtant jamais assez proches pour que la main s’en empare d’un geste vif précis et les cloue sur la page. Syllabes en valses perdues qui tournoient dès les paupières fermées. Des strophes glaireuses restent accroupies dans la poitrine et ont des ricanements caverneux. Hochant la tête : dormir, rêver peut-être… Écrire certainement pas ou écrire la page demeurée blanche, infernale virginité. Les nuages se précipitent derrière la vitre embuée. La toux se fait plus précise, directe, accusatrice : tous ces mots jamais prononcés encombrent la poitrine, se bousculent, se mêlent, ne réclamant pas d’être écrits, mais au moins murmurés. Je ne sais pas le murmure. Enfin il va pleuvoir, stries d’eau sur le silence. Reposer l’inutile stylo pensif. Allongé, je rêve de papillons d’encre qui se dissolvent dans les flaques.
Archive pour 15 décembre 2007
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