Brouillard et tout est frappé d’inanité. Froid sépulcral. Jour en désertion. Pas un souffle d’air. Les doigts gourds tiennent maladroitement un stylo qui demeure immobile. Qu’écrire hormis la pâleur. Une lettre après l’autre se dépose mais jamais ne fait sens. Ces poèmes qui ne naissent pas et demeurent lambeaux. Ne pas renoncer. Cette rage inquiète d’impuissance. Les mots qui se défont. Blancheur en décomposition. L’odeur inutile du papier. Fermant les yeux aucune image n’apparaît. Battre des paupières ne chasse pas le cauchemar. Fuite inopinée du temps. Lapsus des minutes. Rien de plus qu’un blanc. Même pas. Le brouillard chassé par le soleil. Peu à peu refluant. Stylo posé dormant. Aucune phrase n’adviendra. Jour comme un repli entre hier et demain. La parole tarie. Une main lasse s’abandonne au vertige. Voici le règne de l’évanescence.
Archive pour 13 décembre 2007
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