Plus de 32000 caractères. Avancée à reculons, malgré tout. Spleen pré-hivernal et autres contrariétés œuvrent à empêcher une progression constante, voire à des régressions suspectes. Un texte qui stagne, parvenant à grand peine à frôler le haut de la page 21, écriture au hasard des instants qui se laissent cueillir, pas assez nombreux. En revanche, beaucoup trop de remises en question, de corrections du premier jet, d’atermoiements, de défaitisme. Je sais, faut pas. Haro sur le défaitisme! Ça ne va quand même pas m’empêcher de grincer des dents en me rendant compte à la fin de la semaine que je me suis allégé seulement de deux lignes au lieu des deux pages souhaitées –le minimum absolu auquel j’aspirais malgré tout, eu égard à une conjoncture néfaste.
Les votes pour le Prix Alexandrie 2008, eux, progressent. Je ne vais pas cacher à qui j’ai apporté ma voix dans la catégorie Roman: Mathieu Goux, Rosa Rosarum. C’était lui ou Vanessa du Frat (Les Enfants de l’Ô), et qu’elle me pardonne de ne pas avoir voté pour elle, si le choix a été douloureux, j’assume. J’ai longuement hésité avant de prendre ma décision, justifiée par deux raisons: j’estime que Rosa Rosarum n’a pas eu tout le succès qu’il méritait, et c’est une œuvre hors normes comme on en rencontre rarement. J’ai donc préféré l’étrangeté de Mathieu Goux aux enchantements que m’a apportée Vanessa du Frat, même si ça s’est joué pour ainsi dire à un cheveu. J’ai failli me les arracher, d’ailleurs, mes ornements capillaires, et j’étais très près de voter à pile ou face (indéniablement, c’eût été un procédé peu correct). Sans cacher que parmi la sélection, il y avait encore quelques poids lourds qui m’ont également, comme on dit platement, interpellé quelque part. Mais ces deux romans-là avaient largement mes faveurs.
Sinon, je découvre avec émerveillement un blog de tout là-bas, de l’autre côté de l’Atlantique, non, pas là, plus haut. …Z. est un ravissement. Vraiment. Et je me dis que, là, on tient encore une une de ces belles plumes du «net» qui laissent pantois… sinon jaloux (moi, à cet âge là, j’ânonnais encore péniblement de petits poèmes boursoufflés d’insignifiance, alors pensez…)
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Pendant que vous allez y jeter un œil, je vais me permettre de me jeter à l’eau et de tenter de traverser une page, ou deux, on peut toujours rêver, et en écrivant strictement à la main, parce que dernièrement il n’y a que ça qui marche. C’est le grand retour du stylo, des ratures illisibles, et le clavier n’a qu’à bien se tenir: il ne sert plus qu’à mettre au propre. Et c’est bien fait pour lui.





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